L’étonnant couple Macron

 

 

Capture d’écran 2016-04-30 à 18.53.09«  Pour moi, c’est 2017. Car 2022, ça sera trop tard !»a confié Brigitte en parlant de l’élection présidentielle

Cet article est au sommaire du N°1 de POP STORY paru en mai 2016. logo_popstory_fb-7

Brigitte, jeune fille

La petite dernière des Trogneux naquit le 13 avril 1953 à Amiens. On l’appela Brigitte, prénom dans le vent grâce à une ingénue à la beauté provocante qui allait devenir un sex-symbol. Quand Brigitte, la nôtre, vit le jour, Brigitte Bardot avait 19 ans et déjà à son actif deux couvertures de Elle, un petit rôle dans un film avec Bourvil, une tentative de suicide et un mariage avec Vadim. Avant de baptiser leur nouvelle-née, les Trogneux auraient peut-être dû vérifier les traits de caractère attribués au prénom qu’ils avaient choisi : « Les Brigitte ont un esprit rebelle ! Pour elles, pas question de céder aux diktats de la société ».

Dans la famille, Brigitte occupait une place à part. Elle était la dernière de six enfants mais aussi la seule de la fratrie à être née après la guerre. Et à Amiens, la guerre, on l’avait sentie passer. Touchée par les Allemands en 1940, la ville fut à nouveau bombardée en mai 1944 afin de neutraliser les capacités de réaction de l’occupant au débarquement qui se préparait. Les pilotes américains, qui furent chargés de l’opération, étaient redoutés des populations civiles à cause de leur tendance à arroser bien plus large que les Anglais et les Canadiens. A juste titre : leur objectif, la gare et les voies ferrées, fut atteint mais aussi 20 000 maisons, soit plus de la moitié du centre ville. Dont la confiserie de Jean et Simonne Trogneux.

Au retour de la paix, la reconstruction fut lente, faute de moyens et de matériaux. Si lente que Brigitte grandit dans une ville parsemée de baraquements destinés à reloger les sinistrés. Quelques mois avant sa naissance, toutefois, on inaugura la tour Perret, un surprenant immeuble en béton de 27 étages qui resta longtemps le plus haut gratte-ciel d’Europe de l’Ouest. Il était censé, notait la presse locale, « donner à la ville une touche d’américanisme ». Le magasin familial, lui, fut prestement reconstruit dans un style bien français. On avait l’habitude, il avait déjà été rasé en 1914. Jean Trogneux, le père de Brigitte, choisit un emplacement idéalement situé, rue Delambre, à deux pas de l’Hôtel de ville. Son propre père, prénommé également Jean, le grand père de Brigitte donc, avait fait décoller la boulangerie créée en 1872 en relançant le macaron, une spécialité régionale rapportée disait-on au XVIème siècle par Catherine de Médicis d’un de ses périples italiens. Ou bien introduite par les envahisseurs espagnols, l’histoire était imprécise. Peu importe, la recette hypercalorique de Jean, à base d’amandes, de miel et de blancs d’œufs se vendit mieux encore que des petits pains. Si bien que très vite, on ne parla plus des « macarons d’Amiens » mais « des macarons de chez Trogneux».

Cadette d’un commerçant établi et apprécié, la blondinette et joyeuse Brigitte était connue et appréciée de tous. En bonne fille de la petite bourgeoisie amiénoise où -la question ne se posait même pas- on était catholique et de droite, on l’inscrivit au Sacré cœur. Elle y effectua toute sa scolarité, fut une bonne élève, passionnée de lecture, mais pas renfermée pour autant. « Elle avait une vitalité incroyable, elle était très sociable» se rappelle une de ses amies d’enfance.

Parce qu’elle était venue sur le tard (son père avait 44 ans à sa naissance, son frère aîné 20 ans de plus qu’elle) et en temps de paix, Brigitte eut une enfance bien différente de celle de ses trois frères et deux sœurs. Plus insouciante mais aussi plus solitaire. Contrairement à ses sœurs aînées, il lui sembla naturel de poursuive des études supérieures. Parfois, elle se demandait ce qu’elle faisait dans cette famille. Elle aimait les grands auteurs, apprenait par cœur des tirades entières, s’identifiait aux héroïnes des grandes tragédies classiques. On la laissait rêver d’autant plus facilement qu’on n’attendait rien de spécial d’elle. En tous les cas, pas qu’elle joue un rôle dans le commerce familial. Jean-Claude, son frère aîné, reprendrait la tête de l’entreprise quand son père se retirerait, c’était déjà écrit sur le tableau apposé bien en évidence dans la boutique : « De père en fils depuis 1872 ». Et l’épouse de ce dernier, sa belle-sœur donc, se plaisait bien au magasin. Fort heureusement. Brigitte se disait qu’elle serait morte de désespoir s’il lui avait fallu six jours sur sept remplir des boîtes de chocolats et des pochons de dragées en commentant la météo locale. Elle se voyait déjà là, ou justement elle ne pouvait pas s’imaginer y être,-assise derrière sa caisse, la permanente serrée façon dame de province et l’embonpoint menaçant à force de respirer ces effluves chocolatées.

Brigitte se marie

La tradition eut voulu que Brigitte épouse quelqu’un de son milieu, un rejeton d’une des nombreuses dynasties locales de commerçants ou d’artisans. Certes, les établissements scolaires privés de la ville n’étaient pas encore mixtes mais les occasions de fréquenter le sexe opposé étaient nombreuses dans cette cité grande comme un mouchoir de poche où, de surcroît, les gens fortunés habitaient quasiment tous le même quartier, Henriville. Un carré d’or immobilier, développé au XIXème siècle, qu’un autochtone décrivait ainsi dans une brochure de l’entre deux guerres : « Cette résidence des gens du monde est mortellement ennuyeuse, avec ces rues tracées au cordeau, son aspect morne, ses maisons styles écuries de luxe, ses rares passants de bonne tenue et son église de brique laide à faire pitié ». L’été venu, les jeunes se retrouvaient au Touquet ou bien au Crotoy, deux stations de la mer du où tout Amiénois qui se respecte possédait une villa. Tennis, équitation, bains de soleil et de mer, la dolce vita, version ch’ti.

Question garçons de bonne éducation, il y avait l’embarras du choix. Les Désérable, par exemple, les rois du bricolage. De père en fils, eux aussi. Bernard eut été un beau parti. A peine plus vieux que Brigitte, il allait créer l’enseigne Mr Bricolage et devenir Président de la Chambre de commerce. Ou alors les grandes familles de velvetiers, comme les Benoit, ces artistes du gaufrage et façonnage du velours dont le savoir-faire remontait aux manufactures royales. Ou les frères Gueudet, sans doute les plus beaux partis de la ville, dont l’entreprise deviendrait le deuxième distributeur automobile de France. Une des sœurs de Brigitte, Monique, épousa Jean-Claude Gueudet, ce qui lui a valu entre autres de devenir administratrice d’un groupe qui pèse 150 millions d’euros. Mais non, Brigitte ne voulut rien de tous ceux-là. Déjà, elle n’en faisait qu’à sa tête.

Était-ce la volonté d’échapper à une vie de province étouffante? Le 22 juin 1974, à peine soufflées les bougies de son vingt et unième anniversaire, elle épousa un Parisien, fils d’un commissaire aux comptes. Comble de l’exotisme, il était né dans une ville inconnue du Cameroun, Eseka, où son père avait été administrateur de l’ancienne colonie française. André Auzière avait 23 ans et travaillait dans la banque, au Crédit du Nord. Elle était encore étudiante. La rumeur dit qu’ils se seraient rencontrés au Touquet car le jeune homme était à l’époque cadre stagiaire à Lille. Il n’emmena pas Brigitte en Afrique mais fut muté à Strasbourg, ce qui déjà la changea un peu. La cérémonie célébrée au Touquet fut, à n’en pas douter, un grand mariage. Jean Trogneux, le père de la mariée, était un notable actif et apprécié. Et sportif. Il était membre du Rotary, il venait de créer et présidait le Comité régional olympique de Picardie et il dirigeait la Ligue picarde de tennis.

Si cette union permit à Brigitte de s’émanciper de son milieu, elle la ligota aussi quelque peu. Un premier enfant, Sébastien, naquit un an après la noce. Deux ans plus tard, Brigitte accoucha d’une petite fille prénommée Laurence. Le choix du roi. Elle se retrouva ainsi mère d’une famille modèle à 26 ans, ce qui, en ces temps post soixante-huitards, n’était pas banal. Bien vite, les Auzière revinrent habiter à Amiens. Peut être que Brigitte avait le mal du pays finalement ?

Emmanuel grandit

Pas loin de là, un jeune couple était lui aussi en train de découvrir les joies des couches et des biberons. Lui, Jean-Michel Macron était un neurologue exerçant au CHU. Elle, Françoise, était médecin à la Sécurité Sociale. Chez les Macron, la bonne fortune était récente. Coté paternel, il ne fallait pas remonter bien loin dans la lignée pour trouver de simples manœuvres. Et du côté maternel, c’était « pire » si on ose dire : l’arrière-grand père d’Emmanuel, natif des les Hautes-Pyrénées, avait été valet de ferme. Ni lui, ni sa femme, ne savaient lire et écrire mais leur fille, Germaine, réussit, à force de travail et de détermination, à devenir professeur puis directrice de collège. Elle écrivit même un manuel de géographie à l’intention des classes de troisième. Il faut plusieurs générations pour absorber une telle ascension sociale et les Macron ne se vivaient nullement comme des bourgeois établis. Même s’ils vivaient dans le même quartier chic d’Amiens, Henriville, les Auzière et les Macron n’avaient donc aucune raison de se croiser. Sauf peut-être à la sortie de l’école ? Emmanuel avait le même âge que Laurence, la fille de Brigitte.

 

Brigitte, professeur de français

Elle aimait les jupes courtes et les escarpins. Probablement fût-ce sa tenue de rentrée scolaire puisqu’il faisait beau et chaud à Amiens, le 14 septembre 1973. Comme tous les enseignants, Madame Auzière, professeur de lettres à La Providence, avait repris le travail depuis quelques jours. Mais le moment était venu de découvrir ses nouveaux élèves. A ce sujet, elle ne nourrissait pas d’inquiétude particulière, juste de la curiosité. La Providence, ou plutôt « La Pro » comme tout le monde l’appelait, ne pouvait pas être qualifié d’établissement à problèmes. Tenu d’une main ferme par les Jésuites, elle accueillait, de la maternelle à la Terminale, les enfants de la bourgeoisie mais aussi des classes moyennes car les tarifs modérés se voulaient accessibles au plus grand nombre. L’école avait été détruite pendant la guerre mais les prêtres ne perdirent pas de temps. Grâce à l’argent de la congrégation et à des dons privés de familles amiénoises ( dont probablement les Trogneux), la reconstruction, prévue dès la Libération, démarra en 1948 sur le boulevard de Saint Quentin, à Henriville. Disséminés sur un terrain de 14 hectares, les bâtiments de béton, austères, d’un style soviétique, furent inaugurés en 1951 par le futur pape Jean XXIII. Un véritable campus avec ses salles de classes et d’études, ses dortoirs pour les pensionnaires, des salles de spectacles, une piscine dotée d’un bassin de 25 mètres, un terrain de rugby, une piste d’athlétisme, une chapelle et on en passe. A la Pro, la performance scolaire était stimulée mais pas à tout prix. Le projet éducatif visait aussi à encourager le sens critique, l’autonomie et l’épanouissement personnel. « On peut réussir dans la vie sans avoir assimilé le Théorème de Thalès mais celui à qui l’école n’a pas donné l’intelligence du monde et des hommes en pâtit quotidiennement » disait le directeur. Du coup, tout ce qui permettait aux jeunes cerveaux de s’ouvrir sur le monde et sa culture et de développer leur créativité était encouragé. « Un de nos profs avait créé un café philo et on se retrouvait à une douzaine autour de lui dans un bar du centre ville » raconte un ancien. Les cours de théâtre rentraient dans ce cadre et Brigitte adorait les animer. D’une manière générale, elle était passionnée par son métier.

A l’aube de la quarantaine, Brigitte, dite Bibi, pensait qu’elle avait tout pour être heureuse comme se le répètent les gens qui justement ne le sont pas vraiment. Une silhouette magnifique de sportive. Plein d’amis. Des week-ends animés. Un mari que leurs amis trouvaient « charmant ». Trois grands enfants promis à un bel avenir. L’ainé, Sébastien, 18 ans, filait tout droit vers une école d’ingénieur en statistiques, la deuxième, Laurence, penchait pour la médecine et l’ado Tiphaine, née en 1984, peut-être pour fêter les dix ans d’un mariage sans histoire et qui était à la grande joie de sa maman, une pure littéraire. L’avenir s’annonçait agréable. Juste un peu fade. Car est-ce une vie quand on connaît par cœur des tirades entières du Jeu de l’amour et du hasard de n’avoir pour seul horizon que les bavardages de copines au bord de la piscine du Tennis club du Touquet ?

Oui, la vie de Brigitte était sur de bons rails mais en cette rentrée 1993, elle allait dérailler. L’homme qui allait la détourner du droit chemin n’avait que 16 ans. Il s’appelait Emmanuel, le nom du Messie à venir dans l’Ancien Testament.

Emmanuel tombe amoureux

Déjà, il ne faisait rien comme tout le monde, Emmanuel. Enfin, rien comme les siens. Papa était médecin, maman était médecin, son frère et sa sœur cadets allaient devenir respectivement radiologue et néphrologue mais lui n’aimait que les livres, les débats d’idées, le théâtre, le piano. Se sentait-il comme le vilain petit canard du conte d’Andersen, celui dont la mère découvre à l’éclosion de ses œufs qu’il ne ressemble pas à ses frères et sœurs de couvée et qui est contraint, à cause de son physique différent, de quitter sa famille pour s’accepter tel qu’il est et grandir?

En attendant, pendant que ses copains jouaient à Super Mario sur les premières consoles Nintendo débarquées en France, il passait ses mercredi et samedi avec sa grand-mère qu’il adorait et admirait. A la voir si passionnée et vivante, à la découvrir si brillante enseignante, il se dit que jamais il ne sacrifierait son bonheur personnel à sa carrière. Il les concilierait. Contrairement à son père ? Jean-Michel Macron avait bien réussi, il était devenu professeur de médecine. Mais personne dans son entourage professionnel, à part peut-être quelques infirmières, ne le trouvait particulièrement chaleureux.

Avec Germaine comme préceptrice et son impressionnante soif d’apprendre, Emmanuel devint vite premier de la classe. Mais bientôt une autre femme prit le relais. Elle s’appelait Brigitte Auzière. Elle était prof de français. Elle était passionnée de littérature, elle enseignait comme personne, elle ne prenait pas ses élèves pour des adolescents mal dégrossis, elle vivait pour transmettre. Elle était belle, blonde, dynamique, chaleureuse, gaie. Tout le monde l’aimait. Il fût immédiatement sous le charme.

Brigitte est fascinée par son élève

Macron. Sans le A de macaron mais avec un M comme milieu de l’alphabet quand on fait l’appel. Comme moyen ou médiocre. Tout ce qu’il n’était pas et Brigitte s’en rendit compte très vite. Alors, comment était-il cet élève de première pour réussir à tourner la tête d’une femme qui en plus d’être son professeur aurait pu être sa mère ? Des yeux bleus, des boucles blondes, indisciplinées à la Chateaubriand. Un physique agréable certes mais pas non plus à tomber par terre. Une façon de paraître bien poli mais de relever le menton d’un air de défi à la fin de ses phrases. Un regard qui disait « qui que tu sois, je ne céderai rien, tu ne m’impressionnes pas ». Un truc d’ado qu’il gardera et qui agaçait les professeurs car il était impossible de sévir. Mais Madame Auzière n’avait nulle envie de sévir. Car l’élève Macron était doué, très doué. Passionné de littérature, il disait qu’il rêvait de devenir professeur de français. Comment ne pas être flattée ? Il voulait aussi être écrivain, il commettait quelques poèmes qu’il lisait volontiers à la classe éberluée. Brigitte l’aida à préparer le concours général de français. Et il fut lauréat. Elle le présenta à un concours d’éloquence organisé par le Rotary d’Amiens, un cercle qu’elle connaissait bien puisque son père en était membre. Et il l’emporta. « Elle était littéralement fasciné par cet élève, confie une de ses amies de l’époque. Elle avait enfin trouvé quelqu’un avec qui parler littérature pendant des heures. Leur connivence était incroyable mais d’abord intellectuelle ».

C’est peut-être pour cela qu’elle ne s’inquiéta pas, Brigitte. Quoi de plus normal que d’être attiré par quelqu’un qui partage à ce point vos emportements littéraires ? Quoi de plus logique que d’avoir envie de converser avec un esprit aussi affûté ? Et puis, on ne se méfie pas d’un amour impossible. Beaucoup de femmes ainsi tombées dans les bras d’hommes plus jeunes, racontent qu’elles n’ont rien vu venir. Elles parlent d’un petit jeu qu’elles imaginaient sans conséquences jusqu’au jour où elles ont compris que leur amoureux brûlait d’une passion qu’il n’entendait pas maintenir platonique.

Les cours de théâtre furent le piège final pour Brigitte et Emmanuel. Quand on joue, on se rapproche, on badine, on se touche. Ils avaient décidé d’écrire ensemble, puis de jouer, une pièce romantique. Merveilleux subterfuge : jouer l’amour pour éviter de le faire.

En classe, c’était sans doute plus facile. Elle était la prof, lui l’élève. Il y avait entre eux, un bureau, une estrade, une protection contre les coups de folie, un interdit. Brigitte se souvenait forcément du film d’André Cayatte sorti l’année de ses 18 ans Mourir d’aimer. Basé sur des faits réels, ce mélodrame racontait l’histoire d’une professeur de français, Gabrielle Russier (interprétée par Annie Girardot) qui tombe amoureuse d’un de ses élèves de 16 ans, est jugée, condamnée à une peine de prison et finit par se suicider une fois sortie. Dans le film, les parents du jeune homme avaient porté plainte.

Les parents d’Emmanuel ne le firent pas. Ils n’avaient pas grand chose de tangible à reprocher à l’enseignante et n’avaient pas le cœur d’en savoir trop. C’est leur fils qui les préoccupait avec son emballement fougueux. Ils prirent une décision qui leur parut à la fois facile et sage : l’envoyer faire sa terminale à Paris.

Informée, Brigitte trouva que ce n’était pas une si mauvaise idée. Ce qui lui importait avant tout, c’est qu’un tel talent ne soit pas gâché. Alors elle fit en sorte de le faire admettre dans un des meilleurs lycées de la capitale, Henri IV. Avec son dossier scolaire de premier de la classe, l’affaire ne fut pas trop compliquée.

Il était temps car, même si les Picards sont plutôt de nature taiseuse, en ville le scandale couvait. « Il paraît que le gamin Macron a attrapé une Trogneux ? » entendait-on autour des zincs. Chaque partie prenante fit son maximum pour étouffer la rumeur naissante. Les Jésuites de la Providence avaient toutes les raisons du monde de fermer les yeux. Quant aux Trogneux, bien placés dans leur confiserie du centre ville, pour être informés des ragots, ils jouèrent la désinformation, prétendant que jamais, Ô grand jamais, Brigitte n’avait été la professeure d’Emmanuel Macron. On inventa qu’il s’étaient rencontrés à la cité scolaire, toute proche, ou dans un club de théâtre, ou ailleurs encore. Bref, partout sauf à la Providence. Quelqu’un dans la famille devait savoir qu’une relation entre une personne majeure et une mineure est un délit particulièrement grave quand la première est professeur du second.

Emmanuel quitte Amiens

Jamais pour lui, il ne fut question un seul instant d’arrêter. Les week-ends, il retournait à Amiens pour voir ses parents mais c’est elle, bien sûr, qu’il courait rejoindre. Après le bac, il fut admis en khâgne toujours à Henri IV. Dans quelques mois, il serait majeur, il pourrait enfin épouser Brigitte. Compliqué ? Et la différence d’âge ? Et ses trois enfants ? Et le mari ? Difficile, bien sûr. Mais pourquoi ce qui fait tant vibrer dans les romans ne serait-il pas possible dans la vraie vie ? Dans le Rouge et le noir, Madame de Reynal aussi a trois enfants et cela ne fait pas renoncer Julien Sorel. Il suffit d’un peu de courage. Et d’être convaincu d’avoir trouvé la seule femme avec laquelle il est intéressant de vivre et de converser. Emmanuel l’avait trouvé. Et à cause de cela, grâce à cela, il se savait différent. Avoir 18 ans et intéresser intellectuellement, et sexuellement aussi, une femme qui en a 41, évidemment que cela fait de vous un homme avant l’heure. Une façon de s’épargner pas mal de tourments et de doutes, une étape de vie zappée. Si jamais quelqu’un lui avait demandé pourquoi il renonçait ainsi aux plaisirs de la jeunesse, il aurait souri. Mais personne n’osait.

Il n’était pas le plus brillant de la classe, mais peut être le plus doué. Il déclamait de la poésie comme personne de sa voix superbe. Il s ‘était inscrit au Cours Florent et allait parfois passer des castings. Il n’avait pas de véritable ami, il allait parfois déjeuner avec son prof de philo mais ne prenait jamais de pot avec les autres élèves. Pourtant, ils l’aimaient bien parce qu’il était toujours aimable, urbain, mais ils ne savaient pas grand chose de lui si ce n’est qu’il avait une liaison avec une femme plus âgée. Lui ne parlait pas de sa vie, pas par pudeur ou gêne mais à quoi bon ? Personne ne pouvait comprendre.

Brigitte hésite

Il habitait désormais à Paris dans un appartement qu’il partageait avec son frère. Brigitte tenta de reprendre sa vie normale. Elle en éprouva fugitivement du soulagement. Elle souhaitait qu’il l’oublie. Et elle redoutait plus que tout qu’il l’oublie. Tout la ramenait à lui. Elle pensait à la chanson de Cabrel

« Puisqu’on ne vivra jamais tout les deux,

Puisqu’on est fou, puisqu’on est seul

Puisqu’ils sont si nombreux

Même la morale parle pour eux »

Les bons jours, elle entrevoyait un moyen terme : ils continueraient à se voir de temps en temps, elle l’aiderait à bûcher ses concours, leur joutes intellectuelles resteraient jouissives. Et pour le reste…

La Terminale terminée, elle constata sans déplaisir qu’il était toujours épris. Les années d’hypokhâgne et khâgne passèrent et il lui restait fidèle.

Emmanuel insiste

Il rata Normale Sup et en conçut un très vif regret car il pensait l’avoir déçue. Elle fut déçue aussi et s’en voulut de l’avoir si mal guidé. Il devint l’assistant du philosophe Paul Ricœur et entretint pendant plusieurs années un dialogue intellectuel avec cet homme de 80 ans. Il espéra qu’elle serait impressionnée. Elle le fut.

Il fit Sciences Po, réussit le concours d’entrée à l’ENA et partit suivre les deux ans de scolarité à Strasbourg. Séduisant comme jamais mais il ne regardait pas les filles puisqu’il avait trouvé la femme de sa vie. Il intégra l’inspection des finances. Enfin, il allait gagner sa vie. L’impensable devenait pensable. Il demanda à Brigitte de venir vivre avec lui et de l’épouser. Il avait choisi sa voix : être un homme heureux. Pour lui, c’était une évidence malgré l’opposition paternelle et l’inquiétude maternelle. Pour elle, un peu moins.

Brigitte divorce

Plus tard, elle se demanderait comment elle avait trouvé le courage de transgresser ainsi les usages. Quitter un mari et trois enfants pour un amant, passe. Pour un homme un peu plus jeune, passe encore. Mais annoncer à ses enfants que cet amant est un de leurs anciens camarades de classe, cela ne se voit que dans les films, et encore. Même à New-York, ce qu’elle allait faire ne se faisait pas. Alors à Amiens !  Sans la force de conviction, l’assurance absolue, la maturité désarmante d’Emmanuel, elle n’y serait pas arrivée. Cela faisait presque dix ans qu’ils s’étaient rencontrés. Dix ans de connivences en tous domaines. Dix ans qu’il essayait de la convaincre qu’on n’a pas le droit de renoncer à un si grand bonheur, qu’il existe toujours des solutions. Elle raisonnait sans doute un peu différemment. Elle savait qu’il était en tous points exceptionnel, elle craignait qu’il ne le sache pas assez. Si elle choisissait d’être à ses côtés, elle pourrait l’aider à accomplir un grand destin. Alors, elle se conforta en pensant que c’était son devoir. Un bien doux devoir.

Quand il comprit ce qui se tramait, Jean-Claude, le frère ainé de Brigitte, devenu patriarche de la famille depuis le décès du père, la convoqua : « Tu es folle, où cela va-t-il te mener ? Il ne faut plus le voir ». Elle ne flancha pas. Elle le vit toujours, en cachette souvent. « Emmanuel profitait des absences de Jean-Claude pour se faufiler auprès de Brigitte qui se dorait au bord de la piscine familiale. Et s’enfuyait dans les buissons avec sa serviette, dès que son frère réapparaissait» raconte une proche du clan Trogneux, encore émue par tant d’audace. La résidence séparée fut déclarée en mai 2005, le divorce suivit au début 2006. Brigitte s’installa à Paris et devint professeur au lycée Saint Louis de Gonzague surnommé Franklin, un établissement d’élite du XVIème arrondissement tenu comme la Providence par des Jésuites, preuve que ces derniers ne lui en voulaient pas. Est-ce parce qu’ils étaient commerçants et donc plus exposés que d’autres au qu’en dira-t-on ? Le clan des Trogneux coupa les ponts. « Même sur la plage du Touquet, quand Brigitte et Emmanuel étaient sur la terrasse de leur cabine jouxtant la nôtre, on s’ignorait ne se parlait plus » se souvient un Trogneux. Pour un temps.

Le mari non seulement les coupa mais il semble bien qu’il les détruisit à jamais. On ne le revit pas à Amiens, on le supposa parti à Paris mais en vérité personne n’en savait rien. Anéanti, effacé. Comme s’il n’avait pas existé. Au point que bientôt Emmanuel Macron se mit à dire « mes enfants » à propos de ceux de Brigitte, qui elle, était restée proche de son ancienne belle-famille. Devant la maison de Brigitte au Touquet, on le vit descendre de sa voiture ministérielle, avec les petits de Tiphaine la cadette, dans ses bras. Comme il était trop fin pour ignorer que dans les familles recomposées, mieux vaut ne pas s’approprier les enfants d’un autre, on imagina que l’absent était consentant.

Brigitte et Emmanuel se marient

Ils auraient pu choisir une petite célébration entre amis à la Mairie du XVème arrondissement où ils habitaient désormais suivie d’une une escapade à Rome. Mais non, ils voulurent un grand mariage. Sur les terres de Brigitte, au Touquet, là même où elle s’était mariée une première fois, trente trois ans plus tôt. Et devant le même maire, Léonce Deprez, qui avait maintenant 80 ans. L’élu, qui avait le sens de la dramaturgie, confia à des proches qu’il était « très honoré que deux grandes familles du nord et de Picardie se réconcilient chez lui ». De fait, le mariage en octobre 2007 fut l’occasion de montrer que la hache de guerre était enterrée entre les Macron et les Trogneux mais aussi entre Brigitte et sa famille. Le tout sous l’œil bienveillant et admiratif de quelques amis de prestige et de tous âges dont Michel Rocard.

Chez les Trogneux, Emmanuel était adopté. On tenta même de l’initier au sport. Pas au cyclisme dont l’ainé Jean-Alexandre était un adepte passionné, mais au foot pratiqué en famille. « On l’a essayé mais il est vraiment pas doué. » reconnaît un membre du clan. Emmanuel préfère le tennis qu’il pratique avec un professeur particulier lors de ses week-end au Touquet.

Ils eurent raison les Trogneux de capituler avant qu’Emmanuel ne devienne une célébrité. Eussent-il attendu un peu plus longtemps, leur reddition aurait été taxée d’opportuniste. Un an après le mariage, le jeune époux entra à la Banque Rothschild où il devint très vite gérant, ce qui déjà avait de la gueule. Arriva mai 2012, la victoire de François Hollande ne ravit pas la famille, mais on lui pardonna beaucoup à ce dernier quand il embaucha Emmanuel comme secrétaire général de l’Élysée. Mieux encore, en 2014, il devint ministre. Le sujet devenait de moins en moins tabou à la boutique. Parfois même, la belle sœur de Brigitte, tendait la perche aux clients de passage. «  Depuis quelque temps, nos macarons font fureur auprès des chefs d’entreprises de la région. Ils en ont commandé en masse pour leurs cadeaux d’entreprises de fin d’année. » Et l’avenante commerçante de poursuivre, le ton faussement mystérieux : « C’est à se demander combien on en vendra quand il deviendra Président de la République ! »  Depuis quelque temps, son fils, Jean-Alexandre, avait pris la tête des sept boutiques réparties entre Amiens, Arras, Lille et Saint Quentin et cela aussi contribuait à détendre l’atmosphère familiale. Avec son look à la Florent Pagny, le neveu de Brigitte, un quinquagénaire sympathique doté d’un talent d’entrepreneur avait tout pour bien s’entendre avec son nouvel «  oncle », le ministre de l’Économie et du numérique. Lequel fut sûrement amusé par les deux nouveautés de la maison Trogneux : la i-tablette praliné en forme d’ipad (15,50 euros) et la carte bancaire au chocolat noir (2 euros).

Le 28 aout 2014, deux jours après l’arrivée d’Emmanuel Macron à Bercy, le patronyme des Trogneux apparut pour la première fois dans un journal national, et pas n’importe lequel, Le Monde s’il vous plait ! On y évoquait une des « singularités » du jeune ministre : son « mariage avec Brigitte Trogneux, de vingt ans son aînée, rencontrée alors qu’elle était son professeur de français en première. » Personne, surtout pas Brigitte, ne corrigea la petite erreur de dates, si bien que pour toujours la presse parlerait de ces 20 ans d’écart. Quatre ans de gagné, c’était toujours ça ! Pour le reste, Bibi et Manu avaient décidé leur stratégie de communication : on ne s’exhibe pas mais on ne se cache pas.

 

Brigitte dîne avec le roi d’Espagne

Pendant un an, pourtant, elle se cacha. Elle se disait que ses élèves avaient beau être des enfants a priori bien élevés, si ses antécédents étaient étalés, les railleries seraient inévitables. A l’été 2015, la donne changea car elle décida de cesser d’enseigner. Rien d’exceptionnel à 62 ans, mais, coquette, elle se garda bien de prononcer le mot retraite. Pour sa première sortie officielle, le couple choisit une occasion royale : le dîner d’Etat donné en l’honneur de la visite de Felipe et Letizia d’Espagne. Il y eut peut-être une autre raison à cette entrée dans la vie médiatique : depuis quelque temps, un bruit, une sale rumeur comme le tout Paris politique en raffole, courait dans les rédactions : Emmanuel Macron serait gay. Et curieusement, à l’heure où la tension montait entre le ministre et Manuel Valls, un des amis et conseiller influent du Premier ministre était le premier à la propager. Brigitte s’en agaça, bien sûr. Elle choisit une jolie robe noire sans manches et très courte et franchit brillamment l’épreuve consistant à marcher sur les cailloux de la cour de l’Élysée avec des talons aiguilles.

Évidemment, il fallut compter avec un ou deux humoristes balourds. Sur RTL, Tanguy Pastureau se surpassa, disant qu’elle était aussi mûre qu’une poire à tarte et bien d’autres saillies indignes d’une grande radio. Mais, dans l’ensemble, les Macron furent agréablement surpris de l’accueil fait à leur couple atypique. Ils récidivèrent donc un mois plus tard pour le défilé du 14 juillet où Brigitte arbora cette fois une robe bleue électrique de Louis Vuitton. On la vit badiner avec les ministres, en particulier Bernard Cazeneuve, tout à fait à l’aise. Closer apprécia la performance: « Brigitte Trogneux s’était glissée dans une robe en crêpe de laine bleu roi (ou pour l’occasion bleu républicain), des escarpins bleus en python et portait un sac Capucines en cuir nude. Bien sûr, certains diront que cette tenue est hors de prix, environ 5 000 € selon nos estimations, mais lorsqu’on est l’épouse d’un ministre, le protocole et l’élégance sont de mise surtout en un jour si symbolique. » La presse people, il est vrai, était singulièrement en manque de première dame glamour puisque Julie Gayet persistait à être invisible et qu’Anne Gravoin, l’épouse de Manuel Valls « s’habillait toute seule », ce qui pour les rédactrices de mode veut dire «  comme un sac ». Avec son surnom si désuet, Bibi plaisait aussi aux magazines parce qu’elle renouvelait le genre dans la série « femme de ». Après la chanteuse ancien mannequin, la journaliste incontrôlable, voici la cougar comme le releva la presse espagnole « La cougar que intrigua a Franca ». Et la cougar se révéla sympa. Simple et spontanée comme si elle était sur le marché d’Amiens, ne cachant pas son plaisir d’être là, d’échanger avec des gens intelligents. Ni timide, ni arrogante. Adorable, en un mot. En public, ils se tenaient par la main ou bien restés accrochés l’un au bras de l’autre comme s’ils risquaient à tout moment d’être séparés. On sentait que ces deux-là avaient longtemps été d’être seuls contre le monde entier et qu’ils en gardaient une complicité intacte. Leurs gestes étaient si naturels qu’on ne pensa une seconde qu’ils étaient destinés aux photographes.. Et c’est ainsi que le couple Macron qui n’ambitionnait que d’être accepté découvrit à sa grande surprise, qu’il plaisait. Avec cette femme à son bras, le ministre ni de droite, ni de gauche était aussi ni jeune, ni vieux, inclassable, intriguant. Les Guignols avaient beau le surnommer Bébé Macron, il n’y a pas un homme politique dans Paris qui s’y serait risqué. Si séduire à 50 ans une femme de 25 ans ne demande qu’un peu de pouvoir et ou d’argent, que faut-il pour réussir l’inverse ? Ce mystère en imposa et cloua finalement pas mal de becs.

Ce succès décupla la liberté du ministre qui était déjà grande. Ensemble, ils avaient franchi tellement d’étapes, abattu tellement de barrières. Il ne risquait plus rien et le disait  : « ma vie privée fait partie de mon équilibre et elle continuera à le faire quelle que soit la suite des événements. Je ne la transformerai pas pour la cause publique ». Ou encore « J’ai toujours eu trois critères pour choisir un nouveau métier. Le premier est qu’il m’apprenne quelque chose et m’aide à me construire sur le long terme. Le deuxième, c’est qu’il soit conciliable avec mes autres fidélités, que je puisse continuer à avoir une vie intellectuelle, une vie personnelle forte, avoir une forme de liberté. Mon troisième critère, c’est que mon métier me rende heureux. Je pense qu’on ne peut pas être bon si l’on est dans la frustration. » Quand un homme parle ainsi, il ne craint rien. Pas même une engueulade de son patron, fut-il Premier ministre.

Brigitte se rêve en first lady

Et elle se mit à aimer de plus en plus la lumière. Et les dîners en ville. On la vit aux premières de théâtre embrassant Line Renaud ou tout sourire avec Laurent Gerra. On la vit assise à coté de Bernard Arnault au défilé Dior, on la vit dans une robe en dentelles blanches plus courte que jamais au diner d’Etat au dîner officiel donné en l’honneur du roi et de la reine des Pays Bas. On la vit aussi, le visage grave, place de la République après les attentats du 13 novembre. Et de plus en plus souvent à Bercy où ils avaient fini par emménager. Elle se mit à assister régulièrement aux points du cabinet. Ils ne s’en cachaient pas. « Nous devons lui adresser nos notes en même temps que lui. Comme elle décide autant que lui, on ne sait jamais à qui s’adresser en premier » avoue l’un des proches conseillers. Quand une équipe de Canal + vint faire un reportage sur le ministre, on la vit assise à sa droite dans la grande salle de réunion.« Mon épouse n’est pas payée par le contribuable français. Elle passe beaucoup de son temps ici parce que son avis m’importe, parce qu’elle contribue à une autre ambiance » dit-il. Un peu plus tard, le journaliste s’adresse à Brigitte : «  Vous l’avez beaucoup encadré, recadré, parfois »? » Elle, tout sourire : « Très peu, mais on a des échanges musclés. Montaigne a dit : il faut toujours limer sa cervelle a celle d’autrui, c’est très important pour progresser. Donc nous limons abondamment ». Incroyable ! Est-ce avoir l’esprit mal tourné que de rappeler que limer, en argot, signifie faire l’amour longuement ? Lapsus ou pas ? Besoin d’affirmer face caméra que le désir est toujours là, en tous cas.

Parce que tout n’est pas si rose. Elle est intelligente, elle sait que la course contre la montre est engagée, que la chirurgie esthétique ne peut pas tout, qu’on n’a rien inventé contre la fatigue des petits matins, les petits enfants qu’on commence à avoir du mal à soulever. Elle connaît ses classiques, elle se souvient des mots de Françoise Giroud « Les années défilent par dizaines sans qu’on les voit passer. Et un jour, on se découvre petite chose molle, fragile et fripée, l’oreille dure, le pas incertain, le souffle court, la mémoire à trous, dialoguant avec son chat un dimanche de solitude. Cela s’appelle vieillir et ce m’est pur scandale. ». Pour le moment, elle est en pleine forme, toujours aussi mince, elle a de très belles jambes qu’on siffle parfois dans la rue. Mais, comme tout sexagénaire, elle a commencé à enterrer des amis. Alors, elle est pressée. Elle sait qu’un jour viendra où les magazines, les mêmes qui aujourd’hui la flattent, commenceront à la prendre pour une vieille dame. A un dîner ce printemps, à un convive qui notait que son époux avait toutes ses chances pour la Présidentielle de 2022, elle a répliqué sur un ton certes badin : «  Oui, mais pour moi, c’est 2017. Car 2022, ça sera trop tard !».

Le 6 avril 2016, elle était au premier rang pour applaudir Emmanuel. Ensemble, ils avaient décidé qu’il était temps qu’il crée son propre mouvement « En marche ». Et ils ont choisi de l’annoncer dans leur ville natale, Amiens. Comme elle connaissait par cœur le show qu’elle lui avait tant fait répéter, elle se mit à rêvasser. Elle pensa à cette pauvre Valérie qui un soir de mai 2012, sur la place de la cathédrale de Tulle, avait imposé quelques pas de danse à celui qu’elle croyait encore être son amoureux. Brigitte se dit que si elle se retrouvait dans cette situation, elle choisirait plutôt « Non je ne regrette rien. Rien de rien»

Sylvie Bommel et Jean-François Jacquier

 

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2 réflexions sur “L’étonnant couple Macron

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